La Search Console est l'outil le plus sous-utilisé du SEO. Gratuit, alimenté par les données réelles de Google, et pourtant la plupart des gens s'arrêtent au graphique de clics de la page d'accueil. Voici les rapports qui changent quelque chose, et les questions concrètes auxquelles ils répondent.
Aucun outil payant ne remplace ces données : elles viennent directement de Google.
C'est le cœur de l'outil, et il est presque toujours lu de travers. Quatre indicateurs y figurent : les clics, les impressions, le taux de clic et la position moyenne. Chacun ne veut rien dire isolément.
Ce qui compte, c'est leur combinaison. Beaucoup d'impressions et peu de clics indiquent un problème de title ou de description, ou une intention mal comprise. Peu d'impressions malgré une bonne position signalent une requête au volume plus faible qu'espéré. Une position moyenne qui se dégrade alors que les clics montent traduit souvent l'apparition de nouvelles requêtes, ce qui est une bonne nouvelle mal présentée.
Le filtre le plus utile de tout l'outil se trouve ici : passer de l'onglet des requêtes à celui des pages, puis filtrer sur une page précise pour voir toutes ses requêtes. C'est ainsi qu'on découvre ce qu'une page capte réellement, qui ne correspond presque jamais à ce pour quoi elle a été écrite.
Voici le seul usage qui, à lui seul, justifie de passer une heure dans l'outil chaque mois.
Filtrez les requêtes dont la position moyenne se situe entre 11 et 20. Ce sont des pages qui plaisent suffisamment pour être considérées, mais pas assez pour être vues, puisque presque personne ne va en page deux.
L'effort pour passer de la position 15 à la position 8 est bien moindre que pour créer une page qui partirait de zéro. Le contenu existe, il est déjà reconnu comme pertinent, il lui manque peu de chose : souvent un renforcement du contenu sur l'angle précis de la requête, quelques liens internes bien placés, parfois un lien externe.
Le gisement de la page deuxSur les sites que j'analyse, les requêtes situées entre les positions 11 et 20 représentent régulièrement plusieurs centaines d'impressions mensuelles pour un nombre de clics proche de zéro. C'est du trafic déjà mérité mais non récolté, et c'est là que je commence toujours.
Le second rapport indispensable. Il indique combien de pages sont indexées, combien ne le sont pas, et surtout pourquoi.
Les motifs à examiner en priorité : les pages explorées mais non indexées, qui signalent un problème de valeur perçue, les pages détectées mais non explorées, qui indiquent une contrainte de ressources, et les pages en double dont Google a choisi une canonique différente de la vôtre.
Le contrôle que je fais systématiquement consiste à comparer le nombre de pages indexées au nombre de pages que je veux voir indexées. Un excès signale des contenus parasites, un déficit signale un blocage. Dans les deux cas, l'écart est plus parlant que la valeur absolue.
Ce rapport est aussi le premier réflexe en cas de chute de trafic, avant toute hypothèse de pénalité Google : il révèle en quelques secondes un noindex déployé par erreur.
Les rapports de la Search Console servent de point de départ à tout diagnostic de baisse.
Fonction discrète et très utile. Elle indique, pour une URL donnée, si Google la connaît, quand il l'a explorée pour la dernière fois, quelle canonique il a retenue, et surtout comment il voit la page une fois le rendu effectué.
C'est le meilleur moyen de vérifier qu'un contenu chargé en JavaScript est bien vu. Le test en direct affiche le HTML après rendu, et il arrive qu'il diffère nettement de ce que montre le navigateur.
La demande d'indexation, disponible depuis cet écran, est utile pour une page nouvelle ou fortement modifiée. Elle n'améliore pas le positionnement et son quota est limité, donc réservez-la aux cas qui le justifient plutôt que de l'utiliser par réflexe.
Le rapport sur les liens donne une vue des domaines qui pointent vers votre site, des pages les plus liées et des textes d'ancrage les plus fréquents.
Il est moins complet que les outils spécialisés, notamment sur l'ancienneté et la qualité des liens, mais il présente un avantage décisif : ce sont les liens que Google connaît réellement, sans estimation.
Le tableau des textes d'ancrage mérite une lecture régulière. Il donne en quelques secondes la silhouette de votre profil, et permet de repérer une sur-représentation d'ancres commerciales avant qu'elle devienne problématique. C'est un contrôle que je recommande dans toute réflexion sur les ancres de liens.
L'outil est excellent, à condition de savoir ce qu'il ne dit pas :
Ces limites ne remettent pas en cause l'utilité de l'outil, elles imposent seulement de ne pas surinterpréter des variations faibles sur des volumes réduits.
L'écart avec les outils tiersLe nombre de domaines référents affiché par la Search Console est régulièrement inférieur à celui des outils spécialisés. La différence tient à la méthode : les uns rapportent ce que Google connaît, les autres ce que leur propre exploration a trouvé. Les deux sont utiles, ils ne mesurent pas la même chose.
Le rapport le plus rentableSur une heure passée dans l'outil, je consacre systématiquement la moitié aux requêtes situées entre les positions 11 et 20. Aucun autre rapport ne produit autant de trafic supplémentaire par heure investie.
Une heure par mois suffit, à condition de suivre toujours la même séquence.
Je commence par le rapport d'indexation, pour vérifier qu'aucun motif n'a explosé depuis le mois précédent. C'est le contrôle qui détecte les problèmes techniques avant qu'ils coûtent cher.
Je regarde ensuite les requêtes en positions 11 à 20, et j'en sélectionne trois ou quatre à travailler dans le mois. C'est le poste qui produit le plus de trafic supplémentaire par heure investie.
Je contrôle enfin les pages à fort volume d'impressions et faible taux de clic, pour retravailler les titles. C'est rapide et l'effet se mesure en quelques semaines.
Le reste, comparaisons de périodes et rapports détaillés, ne se justifie qu'en cas d'anomalie ou de projet spécifique. Cette discipline vaut mieux qu'une consultation quotidienne du graphique de clics, qui ne dit rien d'exploitable et qui fait réagir à du bruit. C'est aussi ce que je mets en place au démarrage d'un accompagnement SEO, avant tout autre chantier.