« Quel budget netlinking faut-il prévoir ? » est la question qu'on me pose le plus souvent, et celle à laquelle il n'existe aucune réponse générale. Un montant se calcule à partir de ce que rapporte une position, pas à partir d'une moyenne de marché. Voici la méthode que j'utilise pour arriver à un chiffre défendable.
L'autorité reste un facteur déterminant, et elle s'achète ou se mérite, rarement les deux à parts égales.
On lit régulièrement qu'il faut compter tel montant mensuel pour une petite entreprise et tel autre pour un site marchand. Ces chiffres n'ont aucune valeur opérationnelle, parce qu'ils ignorent les deux seuls paramètres qui comptent : ce que vous rapporte une position, et l'écart qui vous sépare de vos concurrents.
Deux sites du même secteur peuvent avoir des besoins radicalement différents. L'un est déjà installé et cherche à consolider, l'autre part de zéro face à des acteurs qui investissent depuis dix ans. Le même budget produira des résultats sans commune mesure.
Un budget défendable se construit donc par le bas, à partir de votre situation, et non par le haut à partir d'une moyenne.
Le point de départ est toujours le même. Prenez votre requête principale, estimez son volume de recherche, appliquez un taux de clic plausible selon la position visée, puis multipliez par votre taux de conversion et par la valeur d'un client.
Cela donne un ordre de grandeur du gain annuel attendu si vous atteignez la position visée. C'est ce chiffre, et lui seul, qui détermine ce qu'il est raisonnable d'investir.
Deux précautions. Restez prudent sur le taux de conversion, en prenant celui que vous mesurez réellement plutôt qu'un taux souhaité. Et raisonnez sur plusieurs années : un lien acquis continue de produire après la première année, ce qui change complètement le calcul.
Un calcul typeSur une requête à 1 000 recherches mensuelles, passer de la position 8 à la position 3 fait typiquement passer d'un taux de clic de l'ordre de 2 % à environ 10 %. Soit 80 visites supplémentaires par mois. À 2 % de conversion et 500 € de valeur client, cela représente environ 800 € mensuels. Le budget se déduit de ce chiffre, pas d'une moyenne de marché.
Second paramètre : combien de liens vous manque-t-il pour rivaliser. La méthode consiste à examiner les cinq premières pages positionnées sur votre requête cible, et à comparer leur profil au vôtre.
Ce que je regarde : le nombre de domaines référents pointant vers la page positionnée, pas seulement vers le domaine, la qualité et la thématique de ces domaines, et l'ancienneté du profil.
L'écart obtenu donne le volume de travail. Si les pages en tête ont trente domaines référents et que la vôtre en a trois, vous savez ce qu'il reste à faire, et vous pouvez le chiffrer.
Attention toutefois à ne pas raisonner uniquement en nombre. Dix liens pertinents sur des sites du secteur valent mieux que cinquante liens génériques, et c'est un point sur lequel les outils qui comptent les domaines induisent en erreur.
Un budget mal employé produit un profil qui se voit, ce qui coûte plus cher que de ne rien faire.
Sur le marché français, les fourchettes que j'observe se répartissent ainsi :
À ces montants s'ajoute le coût de rédaction de l'article d'accueil, quand il n'est pas inclus. Comptez-le dans votre calcul, il représente souvent un tiers du coût total.
Les critères de sélection des supports comptent au moins autant que le prix, et je les détaille dans mon article sur les liens SEO à acheter.
C'est l'erreur d'allocation la plus fréquente. Un budget réparti sur trente pages produit trois liens par page, ce qui ne suffit à faire bouger aucune d'entre elles. Le même budget concentré sur quatre pages produit une progression visible.
La distinction entre pages à fort trafic et pages à fort chiffre d'affaires est le point le plus délicat de cet exercice, et elles coïncident rarement.
Le maillage interne fait ensuite circuler la valeur acquise vers le reste du site, ce qui multiplie l'effet de chaque lien. Investir dans des liens externes sans avoir travaillé ce maillage revient à gaspiller une partie de la dépense, comme je l'explique dans mon article sur le maillage interne.
Il existe des situations où engager un budget de liens est prématuré, et le dire fait partie du travail.
Si le site présente des blocages techniques, pages mal indexées ou exploration gaspillée, les liens acquis se dilueront. Si le contenu des pages ciblées est nettement inférieur à celui des concurrents, les liens amèneront des visiteurs qui repartiront. Et si vous ne savez pas quelle page cibler, aucun budget ne compensera l'absence de stratégie.
Dans ces trois cas, l'argent est mieux placé ailleurs dans un premier temps : un audit SEO pour lever les blocages, ou du travail éditorial pour amener les pages au niveau. Le netlinking amplifie ce qui existe, il ne le crée pas.
L'effet de la concentrationSur un budget identique réparti d'abord sur une vingtaine de pages puis recentré sur quatre, j'ai observé une différence nette : dans le premier cas, aucune page ne bougeait significativement ; dans le second, les quatre pages ciblées progressaient en quelques mois. Le montant dépensé était le même.
Le seuil de décisionMa règle d'arbitrage : si l'investissement en liens ne se rembourse pas en moins de deux ans sur la requête visée, la cible est mauvaise. Augmenter le budget ne corrige jamais une cible mal choisie.
Voici la séquence que je déroule avec un client pour arriver à un chiffre défendable.
J'estime d'abord le gain annuel attendu si les pages cibles atteignent la position visée, en restant prudent sur chaque hypothèse. Je mesure ensuite l'écart de profil avec les concurrents installés, ce qui donne le nombre de liens nécessaires.
Je multiplie ce nombre par un coût unitaire réaliste, en incluant la rédaction, et je répartis le total sur douze à dix-huit mois. Enfin, je compare ce montant au gain estimé : si l'investissement se rembourse en moins de deux ans, il se défend ; sinon, il faut revoir la cible ou la stratégie.
Ce raisonnement produit parfois une conclusion négative, et c'est une information utile. Un budget netlinking qui ne se rembourse pas sur la requête visée signifie qu'il faut viser autre chose, pas qu'il faut dépenser davantage. Le cadre général de ces arbitrages relève de la stratégie de netlinking dans son ensemble.