Le maillage interne est le levier le moins cher dont dispose un site, et de loin le plus négligé. Il ne demande ni budget ni négociation : uniquement de décider quelles pages comptent et de le dire clairement. Voici la méthode que j'applique, et les blocs automatiques que j'ai cessé d'utiliser.
Les liens internes indiquent au moteur ce que vous jugez important sur votre propre site.
Un lien interne remplit trois fonctions distinctes, et il est utile de les séparer parce qu'elles ne s'optimisent pas de la même façon.
Il aide d'abord le robot à découvrir vos pages et à les revisiter. Une page vers laquelle rien ne pointe sera explorée rarement, voire jamais si elle n'apparaît pas dans le sitemap.
Il répartit ensuite la valeur reçue de l'extérieur. Vos liens externes arrivent sur quelques pages, et c'est le maillage qui décide où cette valeur se dirige ensuite.
Il informe enfin sur le sujet de la page de destination, à travers l'ancre et le contexte. C'est le seul endroit où vous contrôlez entièrement ce signal.
Point souvent ignoré : un lien de menu et un lien inséré dans un paragraphe ne transmettent pas la même chose. Le menu apparaît sur toutes les pages, il est traité comme un élément de navigation, et son poids individuel est faible.
Un lien contextuel, placé dans le corps d'un texte, à un endroit où il répond à une question du lecteur, transmet beaucoup plus. Il est unique, entouré d'un contenu qui l'éclaire, et il correspond à un choix éditorial.
C'est pour cette raison que je préfère systématiquement un lien bien placé dans un article à cinq liens dans un pied de page. Le premier a du sens pour le lecteur, ce qui est aussi le meilleur indicateur de sa valeur pour le moteur.
L'écart entre deux emplacementsSur un site où j'ai déplacé les liens d'un bloc de pied de page vers des insertions contextuelles dans les articles, les pages cibles ont commencé à progresser en quelques semaines. Le nombre de liens était identique, seul leur emplacement avait changé.
Un explorateur suffit à identifier l'essentiel. Ce que je regarde en priorité :
Le dernier point est le plus révélateur. Il arrive souvent que les pages les plus liées en interne ne soient pas celles qui rapportent, mais celles qui figurent dans le menu depuis toujours. C'est un décalage facile à corriger et rarement corrigé.
Sur les liens internes, les précautions qui s'imposent pour les liens externes n'ont pas lieu d'être. Vous contrôlez tout, personne n'attend un profil naturel, et une ancre descriptive est ce qu'il y a de plus utile pour le lecteur comme pour le moteur.
Ma règle : l'ancre reprend le sujet principal de la page de destination, ou une variante proche. Si la page cible vise une expression précise, l'ancre peut l'employer telle quelle.
Deux choses à éviter tout de même. Les ancres vides du type « cliquez ici » ou « en savoir plus », qui ne transmettent aucune information. Et l'ancre strictement identique répétée sur cinquante liens, non par crainte d'une sanction, mais parce que varier permet de couvrir plus de formulations.
Les principes diffèrent nettement de ceux qui s'appliquent aux liens externes, que je détaille dans mon article sur les ancres de liens.
Un maillage cohérent oriente l'exploration vers les pages qui comptent.
Sur un chantier de maillage, je procède en quatre temps.
Je définis d'abord la hiérarchie : quelles sont les cinq à dix pages qui doivent recevoir le plus de valeur. En général, ce sont les pages commerciales ou les contenus piliers, rarement celles qui reçoivent déjà le plus de liens.
Je repère ensuite les pages qui reçoivent des liens externes, car ce sont les points d'entrée de la valeur. Ce sont elles qui doivent pointer vers les pages prioritaires.
Je crée alors les liens contextuels manquants, en les insérant dans des phrases qui ont du sens sans eux. C'est la partie la plus longue, et celle qui produit le résultat.
Je vérifie enfin que les pages prioritaires renvoient elles aussi vers d'autres contenus, pour que la valeur circule au lieu de s'arrêter. Un cul-de-sac dans un maillage est une valeur immobilisée.
Trois pratiques courantes que j'ai cessé d'employer, faute d'en constater le bénéfice :
Ce que je conserve, en revanche, ce sont les blocs éditorialisés à la main sur les pages stratégiques, où le choix des destinations correspond à une décision réfléchie plutôt qu'à un algorithme de similarité.
Le coût du maillageSur un site de 80 pages, une reprise complète du maillage demande environ deux jours de travail, sans budget d'acquisition. C'est le meilleur rapport entre effort et résultat que je connaisse sur un site qui dispose déjà de contenu.
Les pages orphelinesSur un site de plusieurs centaines de pages que j'ai exploré, une quarantaine d'URL figuraient dans le sitemap sans être liées depuis aucune page. Certaines dataient de plusieurs années et n'avaient jamais reçu la moindre visite organique.
Si vous n'avez jamais travaillé ce sujet, l'ordre le plus rentable commence par les pages orphelines. Elles se repèrent en une exploration, et leur correction produit un effet immédiat parce qu'elles passent d'invisibles à explorées.
Viennent ensuite les pages stratégiques mal servies. Regardez combien de liens internes pointent vers vos trois pages les plus importantes. Si la réponse est deux ou trois, il y a un travail évident à faire.
Reprenez enfin vos contenus existants un par un, en ajoutant les liens contextuels qui manquent. C'est fastidieux, cela ne coûte rien, et c'est souvent ce qui débloque des pages installées depuis des mois en bas de la première page.
Un maillage interne cohérent ne remplace pas une stratégie de netlinking, mais il détermine ce que devient chaque lien acquis. Investir dans des liens externes sans avoir fait ce travail revient à remplir un récipient percé, et c'est l'un des premiers points que je traite en accompagnement SEO.